Les caddies connectés

De Preston (Morrisons) à Bischwiller (Coopérative U), les chariots intelligents sortent des salons. Leur rentabilité dépend d'un point précis : que les clients les utilisent.

Trois approches. NRF Europe 2026 (15-17 septembre, Paris Expo, plus de 12 000 visiteurs, 525 exposants) a mis les chariots connectés au programme. Selon Timeskipper, Hanshow, avec shopreme et Lucky Cart, fixe une tablette sur un caddie classique, avec des caméras qui vérifient les articles. Instacart va plus loin avec le Caper Cart : détection automatique des produits, pesée des fruits et légumes, paiement depuis le chariot. Le Super U de Bischwiller (Bas-Rhin) teste un modèle de l'allemand KBST, testé par Olivier Dauvers pour RTL.

Le test de Bischwiller. Le chariot reste un caddie classique auquel s'ajoutent trois équipements : un pistolet de lecture des codes-barres, une balance intégrée à l'armature et une tablette avec caméra fixée au guidon. Le client scanne chaque produit avant de le déposer dans le chariot. La balance compare le poids ajouté au poids attendu ; en cas d'écart, le chariot déclenche une alerte et la caméra filme le geste. Ce contrôle vise à laisser le client payer seul sans vérification du contenu en fin de parcours. Le total des achats s'affiche à chaque scan, ce qui aide à tenir un budget. Les deux gains attendus sont un client plus autonome, avec moins de personnel en caisse, et un temps de courses réduit. Reste la question du coût, bien supérieur à celui d'un chariot classique (RTL ne donne pas de montant).

Les déploiements. Morrisons a lancé les Caper Carts dans un magasin de Preston, premier distributeur britannique à le faire (RetailDetail, 29 juillet 2026). Colruyt teste en Belgique un Smart Cart développé en interne à Halle, Kessel-Lo et Waterloo. Instacart indique avoir triplé son parc de Caper Carts en un an (communiqué du 4 juin 2026 avec Weis Markets). En France, l'E.Leclerc d'Antibes testerait une quarantaine de chariots de la start-up Knap, selon BFMTV relayé par un site syndical (source secondaire).

Le point dur. Dans un article de Digiday, un ancien dirigeant de Target (Chris Walton) rapporte que des responsables de GD jugent l'expérience client bonne mais l'adoption difficile. Timeskipper note qu'Instacart évoque une hausse à deux chiffres du panier moyen : il s'agit d'une déclaration du fournisseur, à confirmer par des chiffres d'enseigne.

À retenir pour un directeur de magasin (analyse SL Recrutement) :

  • Le critère de choix est le taux d'utilisation mesuré sur 3 mois, avant le panier moyen.

  • Le modèle KBST repose sur la confiance contrôlée : balance et caméra permettent de supprimer le contrôle en sortie. Le retour sur investissement se calcule sur la masse salariale de caisse évitée contre le coût du parc de chariots.

  • Le caddie connecté réduit la charge d'encaissement et augmente les besoins d'accompagnement en rayon et de lutte contre la démarque.

Sources :

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